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Grand reportage·8 min de lecture

L'image de Bruxelles est-elle foutue ?

Deux samedis, deux vendredis, toujours le même décor : gare Centrale, gare du Midi, Marolles, Bourse. Les manifestants viennent de tout le pays, les casseurs profitent du cortège, et ce sont les Bruxellois qui ramassent les morceaux. Reportage, chiffres sourcés et analyse BRUXIA.

Illustration : place historique bruxelloise au crépuscule, trottinettes renversées, terrasse vide et gyrophares de police
Illustration éditoriale générée par IA — ce n'est pas une photo des événements.
Bernard Frisque
ParBernard FrisqueÉditeur responsable — Election.brussels
8 min de lecture

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Aperçu auto : titre, résumé et image officielle de l'article.

Le droit de manifester est sacré. Ce reportage ne le conteste pas. Il pose une autre question : combien de fois Bruxelles peut-elle encaisser la casse des autres avant que son image ne se fissure pour de bon ?

Vendredi 9 octobre : la marée syndicale… et les casseurs

Sous le slogan « Pas dans nos poches », la FGTB et la CSC ont défilé de la gare Centrale à la gare du Midi contre les projets budgétaires du gouvernement fédéral : 30 000 personnes selon la police, 50 000 selon la FGTB (RTBF). En marge du cortège, des jeunes encagoulés ont transformé le mobilier urbain en barricades et en projectiles ; vélos, trottinettes et poubelles ont été incendiés, un bus de la STIB saccagé (RTBF). La police a ensuite fait état d'un millier de casseurs et de plus d'une centaine d'interpellations (RTBF, chiffres de la police).

30 000 – 50 000

manifestants le 9 octobre (police / FGTB)

RTBF

~1 000

casseurs selon la police, plus de 100 interpellations

RTBF

~140

vols annulés à Brussels Airport le 9 octobre

BX1

8

voitures Poppy vandalisées, dont 2 incendiées

21 News

Les commerçants en première ligne

Au lendemain, les témoignages sont édifiants. À la gare Centrale, le Carrefour a dû fermer dès 10 h 30 ; « s'ils étaient entrés, ça aurait été pire », raconte le personnel. Devant l'hôtel Concorde, à Bruxelles-Midi, des émeutiers ont tenté d'arracher les bacs à plantes de l'entrée pour s'en servir comme projectiles (HLN).

Poppy illustre le paradoxe : journée record de trajets grâce à l'arrêt du métro, puis huit voitures saccagées, dont deux incendiées. Son directeur commercial évoque des pertes non couvertes par les assurances et supérieures aux recettes de cette journée historique (21 News).

Et les restaurants ? Aucun chiffre consolidé d'annulations ou de perte de chiffre d'affaires pour l'horeca bruxellois n'a été publié à ce jour. Nous ne l'inventerons pas. Le signal le plus clair vient de l'UCM : elle rappelle qu'une simple baisse de clients ou de réservations ne suffit pas, en soi, à justifier le chômage temporaire pour force majeure (UCM). Autrement dit : la salle vide d'un vendredi d'émeute, c'est souvent le patron qui la paie seul.

Indépendant touché ? Ce qui existe

  • Report de la cotisation sociale provisoire du 4e trimestre 2026, à demander avant le 15 décembre 2026 (UCM).
  • Chômage temporaire pour force majeure, sous conditions strictes : locaux endommagés, zone interdite d'accès, travailleurs empêchés (UCM).
  • Le MR annonce aussi facilités de paiement et droit passerelle, activés d'abord pour Liège (21 News).

Samedi 17 octobre : rebelote, sans autorisation

Cette fois, aucune demande n'avait été introduite auprès du bourgmestre : le rassemblement était non autorisé. Par précaution, vélos et trottinettes partagés avaient été retirés dès jeudi (BruxellesToday). Les motifs avancés étaient multiples : mesures dans l'enseignement, dénonciation de la répression policière du 9 octobre, politique fédérale (RTBF).

500 à 600 manifestants ont rejoint l'esplanade de l'Europe ; vers 12 h 30, gaz lacrymogène et autopompe. Barricades avec des grilles de chantier, vélos incendiés à Anderlecht, dégâts dans les Marolles, et le siège de la fédération bruxelloise du PS attaqué, vitres brisées (DH / Belga). Une voiture a été retournée sur le toit (Brussels Times). Les heurts se sont prolongés jusqu'à la Bourse entre 18 h et 19 h ; calme revenu vers 20 h, une dizaine d'interpellations (7sur7 / Belga). Le même jour, la « journée des colères » enflammait Paris et plusieurs villes françaises (RTL Info).

Le PS a qualifié la mise à sac de son siège d'« inacceptable » (7sur7). Le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin a dénoncé « de la violence pure et simple » (BruxellesToday), après avoir promis le 9 octobre une réponse « policière et pénale […] à la hauteur des dégâts causés » (RTL Info). Georges-Louis Bouchez veut, lui, « responsabiliser financièrement » les syndicats : « qui casse doit payer » (21 News).

Pourquoi jamais à Gand ou à Anvers ?

La question est posée, et elle est légitime. Les faits d'abord : les grandes manifestations nationales visent le gouvernement fédéral, dont les institutions siègent à Bruxelles. La capitale est aussi le nœud ferroviaire du pays. Les violences ne sont pas exclusivement bruxelloises : Liège et Charleroi ont aussi connu des débordements ces dernières semaines (21 News), et le 17 octobre, des heurts ont eu lieu à Liège-Guillemins (RTBF). Le 9 octobre, le métro était aussi interrompu à Anvers (21 News).

Mais aucun reportage consulté ne fait état d'un cortège national ou d'émeutes comparables à Gand ou à Anvers sur cette période. Résultat : c'est Bruxelles qui sert de décor national à la contestation, et ce sont ses commerçants, ses transports et son image qui en paient la facture.

Méthode : faits issus exclusivement de médias belges et d'organisations professionnelles, consultés le 18 octobre 2026. Aucun chiffre de pertes horeca n'est avancé faute de donnée publiée. Fédérations, syndicats, partis et commerçants cités peuvent exercer leur droit de réponse.

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