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Économie & entreprises·6 min de lecture

Primes aux entreprises à Bruxelles : « Oui, il en reste de très bonnes » — Interview Novaprime

L'été a été secouant : plusieurs primes régionales sont suspendues depuis le 12 août. Mais entre la suspension et la disparition, il y a un monde. Interview de Julien Casimir, consultant primes & subsides chez Novaprime — et plaidoyer adressé au nouveau gouvernement bruxellois.

Illustration IA : la Grand-Place de Bruxelles à l'heure dorée avec les taux des primes aux entrepreneurs (investissement, digitalisation, sécurité, transition écologique, camionnette électrique, site web)
Illustration générée par IA — Election.brussels. Image symbolique, non journalistique.
Bernard Frisque
ParBernard FrisqueÉditeur responsable — Election.brussels
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Aperçu auto : titre, résumé et image officielle de l'article.

Bruxelles, 4 septembre 2026. Depuis que Bruxelles Économie et Emploi a annoncé, le 31 juillet 2026, la réorientation temporaire du dispositif régional de primes aux entreprises, une rumeur a fait le tour des comptoirs et des groupes WhatsApp d'indépendants : « il n'y a plus de primes à Bruxelles ». C'est faux. Et c'est précisément pour le dire que nous avons rencontré Julien Casimir, consultant en primes et subsides chez Novaprime, le cabinet bruxellois qui accompagne les entrepreneurs dans cette jungle administrative.

D'abord, les faits : ce qui est suspendu, ce qui est maintenu

Par arrêté ministériel du 27 juillet 2026, le ministre de l'Emploi et de l'Économie Laurent Hublet a décidé d'adapter temporairement le dispositif à partir du 12 août 2026. Motif officiel : la forte progression des demandes, dans un contexte budgétaire contraint. Concrètement :

  • Suspendues temporairement : les primes Formation, Consultance (y compris Transition et Cession-Reprise), Recrutement et Coworking.
  • Toujours ouvertes : toutes les primes à l'investissement, la prime Digitalisation, la prime Validation des Compétences, la prime Formation Reconversion industrielle, la prime Lancement, la prime Coopérative d'emploi et l'indemnisation des commerces impactés par un chantier.
  • Les demandes introduites avant le 12 août 2026 sont instruites et payées selon les anciennes règles.
« Il faut être factuel : oui, certaines primes de fonctionnement sont suspendues, et c'est un coup dur. Mais dire que tout s'arrête est faux. Les primes à l'investissement, la digitalisation, la sécurisation, la transition énergétique — tout cela reste ouvert, avec des taux qui restent franchement attractifs pour un entrepreneur bruxellois. »
— Julien Casimir, Novaprime.

Ce qui reste sur la table : les taux, concret

Julien Casimir détaille les grandes familles de primes encore accessibles en Région de Bruxelles-Capitale :

  • Prime à l'investissement : pour l'achat de matériel professionnel — un four, un frigo, du mobilier d'exploitation — l'intervention peut monter à 15 % de l'investissement.
  • Prime Digitalisation : logiciels de gestion pour mieux structurer son entreprise — de 25 % à 70 % selon le type de projet. La refonte de site web rentre dans le même ordre de grandeur (25 % à 70 %).
  • Sécurisation informatique : entre 40 % et 60 %.
  • Transition économique et écologique : éclairage LED, appareils écologiques — entre 30 % et 50 %.
  • Sécurisation de l'entreprise : protection incendie, volets, caméras — entre 40 % et 60 %.
  • Camionnette électrique : entre 5 % et 40 % selon les cas.

Les taux exacts dépendent de la taille de l'entreprise, de la zone d'implantation et du type de projet. Avant tout investissement, faites valider votre dossier auprès de Bruxelles Économie et Emploi ou de hub.brussels.

La preuve par l'exemple : Tarte de Françoise et Délice Sweet Cake

Rien de tel que des cas réels pour comprendre. Premier exemple : un investissement classique de type Tarte de Françoise — achat d'un four, d'un frigo, de mobilier professionnel. Avec une intervention de 15 % sur le matériel, l'équation d'un artisan change du tout au tout : c'est la différence entre repousser l'achat d'un an et lancer la production le mois suivant.

Deuxième exemple, encore plus parlant : Délice Sweet Cake, installé rue de Bailly il y a quatre ans. L'entreprise a ouvert un entrepôt à Anderlecht — en zone de développement — puis une adresse au Sablon. Résultat : environ 100 000 € de primes à l'investissement obtenues, notamment parce que l'implantation se situe en zone de développement, où les taux sont majorés.

« La localisation n'est pas un détail : une zone de développement peut changer radicalement le montant de la prime. C'est le type de paramètre qu'un entrepreneur seul ne voit pas toujours — et c'est exactement là que le conseil fait la différence. »
— Julien Casimir, Novaprime.

Le plaidoyer au nouveau gouvernement : consultance et formation, vite

Julien Casimir n'est pas là que pour rassurer. Il adresse aussi un message politique clair au gouvernement bruxellois nouvellement formé : rétablir les primes à la consultance dès janvier 2027, ainsi que les primes à la formation.

« Un entrepreneur doit être conseillé — c'est ce qui rend les autres primes efficaces. Et je pense aussi à la prime Recrutement, qui permettait de toucher entre 5 000 et 15 000 €, une fois tous les quatre ans. Pour un indépendant qui franchit le cap de la première embauche, c'était décisif. »
— Julien Casimir, Novaprime.

La logique tient la route : suspendre la prime à la consultance au moment précis où les règles changent, c'est un peu comme retirer le panneau indicateur pendant les travaux. Les accompagnements gratuits de hub.brussels et des guichets d'économie locale restent disponibles — c'est prévu dans la décision ministérielle — mais pour des dossiers d'investissement complexes, le conseil spécialisé a un coût que la prime permettait d'absorber.

Le mot de la rédaction — Bruxia

Le réflexe « il n'y a plus rien » est le vrai danger de cet épisode. La suspension annoncée par le gouvernement bruxellois est réelle — consultance, formation, recrutement, coworking — et elle touche des outils utiles. Mais les aides les plus lourdes, celles qui financent les fours, les frigos, les entrepôts et la digitalisation, sont maintenues. Dans un contexte budgétaire difficile, le ministre Hublet a choisi de concentrer l'argent public sur l'investissement plutôt que sur le fonctionnement : c'est une orientation politique, défendable ou critiquable, mais elle doit être décrite exactement.

Notre lecture rejoint le plaidoyer de Novaprime sur un point : couper la consultance en pleine réforme crée un paradoxe. On demande aux entrepreneurs de faire mieux avec moins, tout en suspendant l'aide qui les aide à faire mieux avec moins. Si le gouvernement veut que la réorientation réussisse, le retour des primes consultance et formation à horizon 2027 — comme le propose Julien Casimir — est un sujet à mettre au calendrier, pas aux oubliettes.

Analyse éditoriale d'Election.brussels, distincte des faits rapportés ci-dessus. Éditeur responsable : Bernard Frisque — bernardfrisque@hotmail.com. Droit de réponse ouvert.

Sources

Les taux et exemples cités proviennent de l'interview de Novaprime et des pages officielles régionales ; ils sont donnés à titre indicatif et ne valent pas décision d'octroi. Droit de réponse ouvert : bernardfrisque@hotmail.com.

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